


Présenté lors du Rhum Fest de Prague en mai 2026, voici la seconde release d’Unshared Cask pour le marché Tchèque, dont la distribution est toujours gérée par Warehouse#1.
On est ici en présence d’un rhum traditionnel de mélasse, distillé en 2014 dans la colonne C20 après 1 jour de fermentation. Le vieillissement 100% tropical a eu lieu dans un fût d’ex-Cognac (#207) qui a reposé pendant 11 ans dans la cellule n°2, donnant lieu à l’embouteillage de 826 bouteilles à 59,2°.



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La première impression est celle d’un sirop à base de miel.
On reste dans le très sucré avec les fruits confits et la brioche tiède. Quelques zestes d’oranges confits …
Je dois avouer que je suis un peu perdu : C’est bien un « Trad », un rhum de mélasse, vous êtes sûrs ? À l’aveugle, et juste au nez, je me serais totalement planté.
Les minutes passent, et le profil bouge un peu, laissant deviner une trame profonde plus épaisse, davantage végétale, boisée, sans être exubérante. Au final, il se stabilise sur une trame plus cohérente avec l’origine de production : un peu de champignon, de mangue sur-mûre et de vernis, et l’on croit même deviner le raisin et le cognac … on finit par retrouver nos repères !

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Là, le doute s’efface aussi vite que le miel de cette première gorgée. On bascule immédiatement sur un profil herbacé, avec un boisé calciné très marqué.
Tout juste un peu de papaye verte, avant que l’amertume prenne le dessus.
L’alcool n’a pas eu le temps de se fondre pour le moment. Le poivre noir reste en bouche, accompagné d’une pointe de sel.
Une fois bien aéré, il s’assagit un peu et nous ferait presque un numéro de charme avec ses fruits confits et son côté sirupeux. L’amertume s’est également étalée … laissant enfin s’exprimer les arômes plus habituels de ce type de jus. Ainsi, on est sur un mélange sucré salé, le champignon et l’olive verte baignent dans une saumure agrémentée de miel et de raisins secs imbibés de cognac.
La papaye verte et la banane trop mûre rappellent que l’on est sur un rhum et non un assaisonnement ! 😅 (je blague … mais en me relisant je trouvais ma description pas très vendeuse).
La finale est vraiment longue, l’amertume douce va decrescendo, toujours avec cette pointe de sel qui reste sur la langue.

Conclusion :
Gros gros contraste entre un premier nez qui m’a clairement fait penser à un vieil agricole marie-galantais, et cette bouche beaucoup plus sombre qui nous ramène sans nul doute possible vers de la mélasse bien chargée.
L’évolution dans le verre est très marquée. À noter que bouteille venait d’être ouverte, ceci explique cela. Dès le lendemain, j’ai noté une réelle évolution vers un profil plus habituel des traditionnels Savanna.
Passé une première impression mitigée où l’on se dit que le jus est bien trop jeune, le verre s’enrichit et surtout s’homogénéise : les différents arômes trouvent leur place et s’affichent à leur juste intensité.
Au final c’est un bien beau Trad qui justifie ses 11 ans de vieillissement … et le fait de l’avoir doublé.
(Au passage, merci à ceux qui m’ont permis de me les procurer).

